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2 février 2005

Entretien avec le père Corcuera, nouveau directeur général de la Congrégation des Légionnaires du Christ

Lors du Chapitre Général de la Congrégation des Légionnaires du Christ, qui a lieu en ce moment à Rome, le père Álvaro Corcuera a été élu comme nouveau directeur général. Il succède dans cette charge au fondateur, le père Marcial Maciel, qui a décliné sa réélection "pour des raisons d’âge et parce qu’il souhaitait voir la congrégation se développer sous la direction de son successeur".

Dans cette entrevue accordée à Zenit, Le père Corcuera, qui était jusqu’ici recteur du Centre d’Etudes Supérieures de la congrégation à Rome, évoque les défis auxquels sont confrontés les légionnaires du Christ et le mouvement Regnum Christi.

Zenit : Père Corcuera, vous succédez dans la charge de directeur général des légionnaires du Christ et du mouvement Regnum Christi au Fondateur, le père Marcial Maciel, qui a dirigé la congrégation depuis sa fondation. Quelle signification cela revêt-il pour votre institut religieux ?

P. A. Corcuera : Dans une congrégation religieuse, dans un mouvement d’apostolat, le fondateur occupe une place unique et irremplaçable. Il est celui qui, par volonté divine, reçoit pour l’Église un nouveau charisme qui enrichit l’arbre de l’Église, déjà bien pourvu, comme un nouveau don de l’Esprit Saint. Nous avons eu la grâce de bénéficier de la présence de notre fondateur pendant de nombreuses années, depuis la fondation en 1941. Pendant notre histoire nous avons pu compter sur l’encouragement, la proximité paternelle et l’exemple de notre fondateur. Le fait qu’il continue d’être présent en sa qualité de fondateur avec un nouveau directeur général au gouvernement de la Légion est une nouvelle grâce de Dieu pour chacun d’entre nous.

Zenit : Et personnellement, pour vous, qu’a supposé cette élection ?

P. A. Corcuera : Comme vous le savez, celui qui a été choisi dans un premier temps, était le père Maciel, parce que nous voyons tous en lui un véritable père spirituel qui nous a transmis avec son exemple et avec ses paroles le désir d’aimer ardemment Jésus-Christ, l’Église, le pape, les âmes. Ce sont ces grandes motivations spirituelles qui l’ont conduit à fonder de nombreuses oeuvres apostoliques dans le domaine de la formation sacerdotale, dans le secteur de la famille, de l’éducation de la jeunesse, des moyens de communication sociale, du service aux plus pauvres, etc. Nous pouvions difficilement imaginer un autre directeur général de son vivant.

Néanmoins, lorsqu’il nous a communiqué sa décision de décliner sa réélection à cause de son âge et de son désir d’accompagner son successeur, j’ai été choisi, à ma grande surprise. J’ai accepté ce choix des pères capitulaires par obéissance à Dieu, avec le désir de servir le plus fidèlement possible, avec un grand amour pour l’Église, le Saint Père et les évêques en communion avec lui, la Légion du Christ et le mouvement Regnum Christi, qui sont ma famille spirituelle tant aimée.

Évidemment, en considérant le poids d’une charge si importante pour le bien de la Congrégation, j’ai été accablé, mais le père Maciel m’a rappelé le principe surnaturel selon lequel, lorsque Dieu demande quelque chose à quelqu’un, il lui donne surtout la grâce pour y faire face. Il m’a également cité cette phrase du psaume 36 dans laquelle il a trouvé force et réconfort lorsque, lors des premiers jours de la fondation, il cherchait la lumière dans la prière : "Confie à Dieu tes chemins, aie confiance en Lui, et Il agira" (Ps 37[36], 5). Ensuite, il m’a montré que notre vie, nous devons l’offrir chaque jour à Dieu, depuis l’aube, comme une feuille blanche sur laquelle Il pourra écrire ce qu’Il voudra, pour qu’Il puisse agir comme Il le désire, pour qu’en tout et à chaque instant sa Volonté soit accomplie.

C’est pourquoi, en même temps que le poids de la charge, j’ai ressenti, et je ressens encore, une grande confiance dans l’action divine qui peut se servir de notre petitesse pour mener à bien ses plans de salut pour l’humanité. C’est pourquoi je me souviens de la phrase de Saint Paul "Ma grâce te suffit, parce que ma force se montre parfaite dans la faiblesse. " (2 Cor 12, 7).

J’éprouve aussi un sentiment d’immense gratitude envers mes parents qui m’ont fait le cadeau de la vie et de la foi. Je remercie de tout coeur ma mère qui a accepté le risque de me donner la vie en mettant en danger la sienne. Les médecins lui avaient en effet proposé d’avorter car elle était en danger de mort si elle laissait la grossesse se poursuivre. Si je suis aujourd’hui ici pour accomplir cette mission, c’est aussi grâce à elle.

Zenit : Vous parlez des deux raisons pour lesquelles le père Maciel n’a pas accepté sa réélection. Mais il y a beaucoup d’autres hypothèses qui circulent dans les media, y compris certaines qui paraissent calomnieuses. Qu’est-ce que vous pouvez dire à ce sujet ?

P. A. Corcuera : Les raisons de notre fondateur sont celles que j’ai données. Pensez qu’il a déjà 84 ans, et qu’il en aurait 96, au terme d’un nouveau mandat de Directeur Général de la congrégation. D’autre part, il me semble qu’il y a une immense humilité, beaucoup de prudence et une grande sagesse dans cette décision du père Maciel. Il sait que les congrégations religieuses doivent continuer, après le départ du fondateur. C’est lui qui a compris Devant Dieu que c’était le meilleur parti pour la Légion et le Regnum Christi que de faire maintenant un pas institutionnel de ce type.

Cela lui permettra d’accompagner son successeur pendant les années sur terre que Dieu lui accordera encore. Il n’y a pas d’autres motivations, ni internes ni externes à la Légion. C’est aussi simple que cela. C’est si beau et si émouvant, lorsque nous savons le lire avec les yeux de la foi. Quant au reste, il y a des exemples récents de cette manière de procéder. Je pense, par exemple, à la mère Teresa de Calcutta qui a voulu également laisser la direction de sa congrégation entre les mains de soeur Nirmala, alors qu’elle-même était encore en vie.

Zenit : Certains spéculent sur l’existence de courants de pouvoir à l’intérieur de la Légion du Christ

P. A. Corcuera : Je peux dire qu’il n’y a rien de vrai dans ces hypothèses. Celui qui connaît l’esprit de la Légion du Christ sait très bien que nous vivons une atmosphère d’union et de charité intense et sincère. Nous voulons tous offrir le meilleur de nous-mêmes pour collaborer avec Jésus-Christ et avec l’Église à la mission d’annoncer l’Evangile. Grâce à Dieu il existe un profond esprit de service et d’humilité chez les supérieurs et les membres de la congrégation. Je peux aller jusqu’à dire que le désir de tous est de ne pas avoir à porter le poids de la responsabilité et de l’autorité. Et ceux qui reçoivent cette autorité l’exercent avec esprit de service, comme nous l’enseigne Jésus-Christ.

Je pense que nous vivons une expérience semblable à celle des premiers chrétiens qui vivaient, avec tout leur coeur, le commandement reçu : "Ut unum sint". En fin de compte, la charité est notre commandement et notre uniforme, c’est ce qui nous distingue comme chrétiens.

C’est le signe qui doit nous faire reconnaître, et nous vivons cette expérience comme un cadeau extraordinaire que le Seigneur nous accorde avec tant de bonté. Je le vois et j’ai la grâce de le vivre chaque jour : en chaque légionnaire je trouve un véritable frère qui reflète la bonté et la charité du Christ ; entre nous il y a une patrie commune et nous voulons combattre avec toute franchise pour que la charité du Christ règne dans toute la société.

Contrairement à ce qu’indiquent ces spéculations sans fondement, auxquelles vous vous référez, je constate avec une grande joie que, maintenant plus que jamais, tous les légionnaires restent unis avec le fondateur autour de l’Eucharistie, comme nous l’a récemment demandé le pape, par ses paroles d’exhortation, à l’occasion du 60º anniversaire de l’ordination du père Maciel. L’Eucharistie, l’effort sincère pour vivre dans nos communautés le commandement de charité et d’amour que le Christ nous a laissé lors de la dernière Cène, le service à l’Église et au pape et l’union autour de notre fondateur sont les directions actuelles de notre vie spirituelle. En outre, je crois qu’il est providentiel que nous vivions cette expérience intense durant l’année de l’Eucharistie que le pape a inaugurée pendant le Congrès Eucharistique International à Guadalajara (Mexique), et que nous vivons de manière intense en communion avec toute l’Église.

Zenit : Quels sont les grands axes du programme spirituel et de l’action apostolique de la congrégation dans un futur proche ?

P. A. Corcuera : C’est précisément cela que nous sommes en train de déterminer, avec notre père fondateur, pendant le chapitre général. Mais sans aucun doute, notre programme ne peut pas être autre chose que de poursuivre dans le temps, avec une vigueur et une passion renouvelées, le charisme de la congrégation et du Regnum Christi tel qu’il a été approuvé par l’Église, selon l’esprit du fondateur.

Notre plus grand désir est que le plus grand nombre d’hommes et de femmes possibles puissent faire une rencontre personnelle, dans la foi, avec Jésus-Christ. Toutes les initiatives apostoliques que nous entreprenons doivent avoir leur origine et leur fin dans le programme de l’Église universelle et des Églises locales, qui consiste à faire connaître la personne du Fils de Dieu qui, par amour, a assumé une nature humaine pour nous sauver. Là se trouve le roc solide et le moteur de la nouvelle évangélisation à laquelle le pape nous a convié, en vue de créer une civilisation chrétienne de justice et d’amour. Nous voulons collaborer avec tout notre être pour que tous soient sauvés, pour que sans distinction de personnes, tous trouvent le salut, en sachant que Jésus-Christ est venu sauver tous les hommes. C’est pourquoi nous avons comme devise de notre vie : "Que Ton Règne Vienne !". Et ainsi, nous sommes spécialement attachés à l’action évangélisatrice de cet apôtre immense qu’est Jean Paul II, que nous aimons tant. Ses indications, suggestions et désirs, sont pour nous un programme que nous suivons comme fils fidèles de notre Église catholique bien-aimée

Zenit : Dans cet esprit de marcher "à partir du Christ", les légionnaires centreront-ils leur attention sur des oeuvres apostoliques particulières ?

P. A. Corcuera : Nous continuerons les oeuvres apostoliques déjà engagées, selon notre charisme, particulièrement par le biais du mouvement Regnum Christi dont les statuts viennent d’être approuvés par le Saint-Père. Nous favoriserons toutes les oeuvres visant à diffuser la foi catholique, la formation chrétienne des enfants, des adolescents et des jeunes par le biais de nos centres éducatifs ; celles qui visent à aider spirituellement et humainement les couples et les familles chrétiennes ; pour la promotion intégrale de la personne humaine, spécialement des plus défavorisés à travers les oeuvres missionnaires et de charité que nous avons déjà ; et d’autres qui peuvent apparaître dans le futur, à la formation de prêtres, à l’évangélisation de la culture, etc.

Tout ceci en collaboration très étroite avec les évêques locaux, avec les paroisses et les divers responsables du clergé diocésain pour nous unir tous, chacun selon son charisme spécifique, dans la tâche commune de la nouvelle évangélisation, demandée par le Saint-Père et tellement urgente dans une société toujours plus exposée à la sécularisation et à la perte de ses racines chrétiennes. La situation est d’une telle gravité pour la foi de nos jours, que nous ne pouvons accepter les divisions stériles. De fait, nous orienterons des apostolats comme Jeunesse Missionnaire, Famille Missionnaire, les Écoles de la Foi, les programmes de formation familiale, de telle sorte qu’ils s’insèrent de manière naturelle et spontanée dans le programme pastoral des diocèses et des paroisses, les aidant ainsi dans leur mission apostolique. En outre, nous avons la responsabilité de cet immense domaine d’action pastorale dans le vaste territoire de mission qu’est la prélature de Cancún-Chetumal (Quintana Roo, Mexique) avec les Indiens mayas. Le pape y a récemment nommé évêque Mgr Pablo Pedro Elizondo, un membre de la Légion. C’est un lieu qui nous est très cher et important tant pour la pastorale que pour la promotion humaine et chrétienne dans la société.

Zenit : Vous avez rencontré le pape Jean Paul II lorsqu’il a effectué sa première visite au Mexique en 1979 et à plusieurs occasions à Rome. Que pouvez-vous nous dire sur lui ?

P. A. Corcuera : Depuis 1979, lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, alors que j’étais un universitaire laïque et que je collaborais avec le père Maciel à l’organisation de cette première visite inoubliable de Jean Paul II au Mexique, il m’a profondément impressionné par son esprit de prière et en même temps par sa proximité, sa capacité de contact avec les gens, sa grande humanité et cette profondeur spirituelle que reflète son visage. Nous étions tous émus de pouvoir le voir de si près, de parler avec lui, de l’écouter. C’était la première fois qu’un pape visitait le Mexique, marqué par le sang de tant de martyrs. Tout le peuple, en masse, s’est efforcé de voir, si possible en personne, le Vicaire du Christ.

Le peuple mexicain, selon les termes de Jean Paul II lui-même, possède "le charisme d’amour du pape". En cette première occasion nous avons pu le vérifier de manière tangible. Et si le pape a conquis le peuple mexicain, Jean Paul II a été profondément conquis par la foi simple de ce peuple. C’est ce premier voyage apostolique qui a inspiré et encouragé dans un certain sens toutes les années suivantes de son pontificat, selon le témoignage même du pape dans son livre "Debout, allons-y !" (Cf. les derniers paragraphes du livre dans le chapitre premier, "La vocation"). Au Mexique s’est confirmée son idée d’être un pèlerin de l’amour à travers ses voyages apostoliques.

Ensuite, en arrivant à Rome, comme étudiant et comme recteur de notre collège, en diverses occasions j’ai pu le rencontrer de près et parler avec lui. Pour le 80ème anniversaire du Père Maciel, il l’a invité à déjeuner et j’ai eu la grâce de l’accompagner, avec le père Brian Farrell, actuel évêque, Secrétaire du Conseil Pontifical pour l’Unité des Chrétiens. Je me souviens que pendant ce repas, le pape a parlé avec une joie profonde de ce voyage au Mexique.

Je me souviens aussi que lorsque a été organisée une fête pour son centième voyage apostolique, dans la Salle Clémentine, au Vatican, il nous a été demandé de nous y rendre avec l’orchestre de notre centre d’études qui lui a joué la chanson dénommée "Amigo". Après la chanson, il y a eu un grand moment de silence et d’émotion. On revivait les souvenirs de ce voyage historique du pape, de ce Jean-Paul le Grand, comme certains l’appellent déjà. Avant tout je vois dans sa personne le Vicaire du Christ sur la terre, qui guide la barque de l’Église au long de l’histoire. Notre père fondateur nous a enseigné à vénérer, à aimer le pape et tous les évêques en communion avec lui. Il est, de fait, un de nos grands amours, avec l’amour du Christ, de l’Église, de Marie et des âmes. Un amour qui se traduit surtout dans l’accomplissement fidèle de ses désirs et dans l’adhésion cordiale et pratique à son Magistère.

Zenit : Beaucoup se demandent ce que va faire maintenant le fondateur. Quelle est votre relation personnelle avec lui ?

P. A. Corcuera : Je connais notre père fondateur depuis que je suis tout petit, quand j’étudiais dans un collège légionnaire. Ma relation avec lui est très simple, filiale, et imprégnée d’esprit de foi. Je vois en lui la personne que Dieu a choisie pour fonder cette oeuvre qu’est la Légion du Christ et le Mouvement Regnum Christi. Quelqu’un qui a donné toute sa vie pour Jésus-Christ, un prêtre exemplaire et un saint, passionné par l’Église, d’une tendre dévotion pour la Vierge Marie, totalement livré à la mission d’évangéliser et de servir ses frères, de vues larges, capable de pardonner avec charité chrétienne, avec un coeur doux et bon.

Que puis-je dire de celui qui m’a appris ce qu’il y a de plus grand dans la vie : pouvoir aimer le Christ et vouloir offrir toute ma vie pour lui et pour son Église ? J’ai un devoir de gratitude que je ne pourrais lui exprimer qu’en étant fidèle à ce qu’il m’a toujours enseigné par ses paroles et son exemple de père authentique et véritable, qui a donné toute sa vie sans lésiner sur aucun sacrifice. Vraiment, quand je le vois travailler à un tel rythme, se consumer avec un tel amour de Dieu, je ne peux que dire qu’il y a là un homme de Dieu, un homme qui pense seulement à servir et à se donner aux autres comme prêtre, suivant l’exemple du Christ.

Pour répondre à votre question, sincèrement je ne sais pas quels sont ses projets, mais le connaissant bien, je devine qu’il ne pourra pas "prendre sa retraite ", ni se retirer pour mener une vie tranquille. Il ne peut jamais être tranquille, il cherche constamment ce qu’il peut faire de plus pour le bien des autres et le salut des âmes. Il continuera à accomplir, comme il l’a fait jusqu’à présent, et de manière infatigable, sa mission de fondateur, de père envers nous, en nous encourageant par sa présence, par ses paroles, et par son exemple ; en nous guidant avec ce respect qui lui est si particulier, et en nous exhortant à vivre en plénitude et fidélité notre charisme propre au service de l’Église. Nous le lui avons demandé.

Vous êtes mexicain et les catholiques mexicains sont des « Guadalupéen » : quel message laisse Marie au nouveau directeur général des légionnaires du Christ ?

P. A. Corcuera : Vous avez tout à fait raison ! Nous autres mexicains sommes profondément « guadalupéens ». La présence de la Vierge de Guadalupe a profondément marqué notre histoire. Quand des pèlerins étrangers visitent le sanctuaire de Notre-dame de Guadalupe dans le Tepeyac ils sont admiratifs de cette dévotion sincère, chaleureuse, simple des mexicains envers Marie.

Le père Maciel a reçu l’ordination sacerdotale dans l’ancien sanctuaire de la Vierge de Guadalupe. Et depuis son image préside toujours à l’ordination des prêtres légionnaires. Comme je l’ai dit, Marie est un de nos grands amours. Pour cette raison, je voudrais, maintenant plus que jamais, faire mienne la devise de Jean Paul II, "Totus tuus, ego sum, Maria !". J’ai eu également l’immense cadeau d’être ordonné prêtre, le 24 décembre 1985, dans notre paroisse de Notre-Dame de Guadalupe que le pape Pie XII nous a confiée à Rome. Je me souviens qu’en approchant de l’autel, j’ai levé les yeux et j’ai vu ceux de Marie. Ce qu’il y avait de peur en moi, s’est converti en confiance et en paix, en sécurité et en sérénité. Ses paroles de Mère : "Pourquoi as-tu peur, mon enfant ? Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère ?", se sont inscrites à jamais dans mon coeur.

Ainsi maintenant, je ne peux pas dire que je n’ai pas peur, du point de vue humain. Je vois qui est notre fondateur, ce qu’est la Légion, et je me sens très petit. Mais Elle nous prend par la main, et nous guide, avec bonté et douceur et elle me dit qu’il n’y a rien à craindre. Nous marchons guidés par sa main. Combien de fois le pape, comme au moment de la tentative d’assassinat, nous a montré qu’elle est celle qui nous protège, que l’amour est plus fort que la peur, qu’il est plus fort que la haine, la rancoeur et toute espèce de mal. C’est pourquoi nous avons entendu tant de fois le pape dire et s’exclamer en des moments difficiles et même dramatiques de l’histoire de l’humanité : "L’amour est plus fort !" "Ne craignez pas !" Je veux lui confier mon ministère sacerdotal et ma nouvelle mission pour qu’elle soit celle qui m’inspire et m’encourage au service de notre congrégation et de notre Église.

Article paru dans Zénit le 2 février 2005

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